Fournier
- Lotus
"C'était
dimanche, j'avais douze ans... Mon père, fidèle à son
habitude, dessinait des voitures sur un coin de table. Soudain, l'envie m'a
pris de l'imiter : 'Moi aussi, je vais dessiner une voiture, et je courrai
avec', ai-je déclaré. J'ai reçu une claque... Quelques
années plus tard, un jour où je m'ennuyais ferme en écoutant
un professeur de l'école technique où l'on m'avait mis en pension,
je me suis mis à dessiner une voiture sur un coin de pupitre. On m'a
mis à la porte... Alors que je me suis présenté à
Echappement en 1972 pour présenter ma Lotus redesseinée, je
me suis soudain senti mieux : le poids des ans n'avait pas tout à)
fait effacé la claque paternelle et le renvoi de l'école jusqu'alors."

En 1972, Philippe Fournier a
22 ans. Il est spécialisé dans l'ectricité automobile.
Après s'être fait la main sur la Lotus Spéciale de Daniel
Muller, un autre fanatique de Levallois, puis sur une Escort Spéciale
avec ailes en plastique, sur une Simca 1100S Gr2 avec laquelle il finit 6e
du Rallye Jacques Coeur, enfin sur la Corvette d'Henri Greder dont il a mis
au point toue la partie électrique, Philippe Fournier s'est attaqué,
porté sur l'aile de la revanche, et avec l'aide de son ami Michel Bourdeau,
à la réalisation de sa propre Lotus Spéciale. "Ce
qu'il faut qit-il, c'est vouloir. Pour ce qui est des idées, nous ne
sommes jamais à court. Comme rien n'est insoluble, on arrive à
tout avec un peu d'entêtement..." La Lotus Elan accidentée
rachetée par Philippe Fournier était un modèle 1967.
"J'ai d'abord dessiné la carrosserie, en fonction de mes gouts
personnels et d'une étude aérodynamique. Puis il a fallu découper
la voiture et créer des moules en platre pour y couler la résine
de polyester des nouveaux éléments (aileron, ailes, bas volet
avant, phares...)."

Le châssis à poutre
centrale de l'Elan est très rigide. Philippe Fournier s'est contenté
de renforcer les points d'ancrage du train arrière et les tirants du
pont. Les amortisseurs sont des Armstrong. Quatre gros disques Girling ventilés
avec calipers de Marcos et plaquettes DH9 assurent le freinage. La même
Marcos a fourni une crémaillère très directe (2 tous
et demi de butèe à butée au lieu de 3 tours un quart
d'origine).
Côté mécanique,
rien à craindre avec le 4 cylindres 1600 Twincam. C'est un moteur costaud.
Philippe Fournier s'est contenté de monter une pompe électrique
et de remplacer l'hélice à deux pales d'origine par un ventilateur
multipales en plastique qui assure un refroiissement très efficace
du moteur. Un radiateur d'huile à l'avant complète son action.
Une prise d'air dynamique, placée sous l'aile arrière gauche,
amène l'air frais au pont. La boîte de vitesses est d'origine,
seuls les flectors de transmission ont été renforcés.

Il aura fallu un an et demi
et près 3000heures à Philippe Fournier pour réaliser
sa Lotus. Extérieurement,
la Lotus de Fournier et Bourdeau fait grosse impression. Seuls l'arrière
et les flancs rappellent l'Elan. Les ailes élargies, l'avant style
Ferrari, les deux arceaux, l'imposant aileron stabilisateur arrière
et l'absence de pare-brise en font une voiture terriblement impressionnante
et belle.
Deux baquets (fabriqués
maison) vous acceuillent confortablement. Derrière le petit volant
Perceval, le tableau de bord, jadis en vois, a été remplacé
par de l'alu recouvert de Skaï noir, où huit cadrans (compteur,
compte-tours, température d'eau et d'huile, pression d'huile, ampèremètre,
température extérieure, essence...) et onze voyants (!) rappellent
qu'on a affaire à un électricien de métier.

La boîte est trop longue,
ce qui nuit aux reprises, mais assure au moteur de 135ch des efforts limités
pour tirer les 600kg de l'engin. Le levier de vitesses est d'une précision
remarquable avec un débattement très court. Sur le plan tenue
de route, précision du comportement, stabilité, at adhérence
en courbe sont vraiment étonnants. Le freinage s'effectue avec une
stabilité parfaite.
Adresse du constructeur
en 1972 :
Philippe Fournier
37, rue Trébois
92- Levallois

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